Pourquoi lancer Retour à Walden ?
Nous sommes le 21 juin 2025, cela fait 40 jours que je marche, et en ce matin de juin je passe les portes de Saint-Jacques-de-Compostelle pour arriver sur la grande place, face à la cathédrale.
Je pose mon sac sur le sol, entouré d’amis que je me suis faits sur la route et d’inconnus qui crient leur joie de pouvoir enfin reposer leurs pieds.
Je l’ai fait, ce chemin de Compostelle depuis Bordeaux, 40 jours et 1 200 km, pas beaucoup de pluie, énormément de chaleur.
Et alors je pense à ce que je ressens, à cette sensation d’être à la frontière du monde entre la vie normale et la vie de pèlerin. Je me dis aussi que je l’ai fait, que mon corps a tenu et que ma volonté n’a pas faibli.
Je ressens alors une grande joie, celle de l’accomplissement, celle de décider quelque chose, de l’organiser et de le mettre en place, de se dépasser et d’atteindre l’objectif que l’on se fixe à soi-même.
Durant ces 40 jours, j’étais en mode avion, mon téléphone comme mon esprit. Je n’étais que dans le présent, pleinement disponible pour les personnes que je rencontrais et les paysages que je traversais.
Et c’est cette réalisation qui m’a donné envie de créer Retour à Walden, cette envie de réorganiser ma vie pour qu’elle soit en mode avion, loin des écrans et proche du réel.
Un constat mondial
Durant les trois années qui ont précédé ce chemin de Compostelle, j’ai eu la chance de travailler pour les Nations Unies et de partir en mission dans de nombreux pays.
Et partout, le même constat : des rues d’Haïti aux marchés du Pakistan, sur les bancs du Guatemala comme dans les montagnes du Vietnam, les écrans sont partout.
L’attention de tous est capturée par ces rectangles de lumière, nous privant de l’espace mental pour penser, rêver, imaginer ou simplement s’ennuyer.
Moi-même, je me vois parfois englouti par ce bombardement d’informations et je passe une matinée à regarder les nouvelles de la guerre au Soudan ou une soirée à scroller des vidéos YouTube qui ne m’apportent rien, à part cette sensation d’avoir perdu trois heures de ma vie.
Au travail, à la maison, dans la rue, les écrans et l’économie de l’attention sont partout, nous prélevant notre temps et notre concentration, nous empêchant de vivre la vie que l’on souhaite.
Pour un retour à Walden
Qui n’a jamais rêvé de partir vivre dans les bois, loin du bruit de la civilisation ? C’est ce qu’a fait Thoreau en 1845 lorsqu’il est parti vivre à Walden durant 2 ans, 2 mois et 2 jours.
Il n’est pas parti pour fuir le monde, mais pour retrouver l’espace mental de penser, tester un autre style de vie et revenir avec une vision claire de ce qu’il souhaitait pour la sienne.
Il écrit alors :
« Je suis parti dans les bois parce que je désirais vivre de manière réfléchie, affronter seulement les faits essentiels de la vie. Voir si je ne pouvais pas apprendre ce qu’elle avait à m’enseigner, et non pas découvrir à l’heure de ma mort que je n’avais pas vécu. » — Henri David Thoreau, Walden
En 2026, des gens osent encore se retrancher dans une cabane, mais c’est rare. Malgré tout, peut-être qu’il est possible de mettre un peu de Walden dans notre quotidien.
C’est l’idée de ma démarche et de ce blog. Remettre du Walden dans nos vies.
Dans mes futurs articles, je parlerai des thèmes liés à Walden qui me sont devenus chers : l’importance de la lecture, de l’écriture, de la marche. Je parlerai aussi de l’économie de l’attention et de la vie intentionnelle (en référence à la Deep Life de Cal Newport).
L’idée est d’utiliser ce blog pour faire des retours d’expérience (arrêt de l’alcool, des réseaux sociaux) et de partager des informations et des idées avec ceux qui souhaitent aussi entamer leur Retour à Walden.
J’espère que ce blog te sera utile et que tu pourras toi aussi reprendre le contrôle de ton attention pour une vie plus intentionnelle et plus douce.
Bonne lecture,
Florian